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Qui détient linformation scientifique
et où peut-on avoir des vraies informations fiables ?
L’information scientifique ou non
peut être obtenue auprès du Comité Local d’Information
et de Suivi, qui est doté d’un secrétariat
général et d’un secrétariat scientifique.
Le CLIS dispose par ailleurs d’un fonds documentaire qui
peut être consulté, à Bure, dans l’ancien
lavoir (permanences les mardi, mercredi et vendredi après-midi
de 14 heures à 18 heures). Le CLIS dispose par ailleurs
d’un site internet www.clis-bure.com. L’ANDRA publie
des rapports publics contenant les résultats de ses recherches.
L’information donnée n’est cependant pas toujours
accessible pour le grand public. C’est pourquoi le CLIS
publie régulièrement des résumés ou
des synthèses qui permettent à tout un chacun de
s’informer.
Quels sont les chiffres fiables ? (ANDRA, CEDRA
)
| Profondeur |
490
mètres |
Dans
la couche d'argilite du Callovo Oxfordien |
| Superficie |
17
hectares |
Installations
de surface |
| Diamètre
puits principal |
6
m (5 m après cimentation) |
Accès
des personnes et du matériel + entrée d'air |
| Diamètre
puits auxiliaire |
5
m (4 m après cimentation) |
Sortie
d'air + issue de secours |
| Diamètre
galeries |
4
m |
En
forme de fer à cheval, au cur de la couche d'argile |
| Longueur
des galeries |
Les
galeries principales forment un rectangle d'environ 500 mètres
sur lequel des galeries d'expérimentation ou techniques
(~10 à ~40 m) s'articulent perpendiculairement. |
Dimensionnement
exact selon les expériences envisagées. A 445
mètres de profondeur environ, une niche permet des
observations et des mesures dans la partie supérieure
de la couche. |
| |
| Eléments
radioactifs |
Période
(années)
(Durée au bout de laquelle un corps radioactif a perdu
la moité de sa radioactivité) |
Déchargement
(kg/an)
(réacteur
de type REP 900) |
Uranium
Uranium 235
Uranium 236
Uranium 238 |
708 millions
23,4 millions
4,47 milliards |
221 (1,06 %)
88 (0,42 %)
20 204 (97,2 %) |
Plutonium
Plutonium 239
Plutonium 240 |
24 119
6 569
|
123,1 (0,59 %)
47,5 (0,23 %)
|
Actinides
mineurs
Neptunium 237
Americium 241
Americium 243
Curium 245 |
2,14 millions
432,2
7 380
8 500
|
8,8
(0,04 %)
4,4 (0,02 %)
2,2 (0,01 %)
0,06 (<0,001 %) |
Produits
de fission à Vie Moyenne (<30 ans)
Strontium 90
Césium 137 |
28
30
|
10,5 (0,05 %)
24,3 (0,12 %)
|
Produits
de fission à Vie Longue (> 30ans)
Sélénium 79
Zirconium 93
Technetium 99
Palladium 107
Etain 126
Iode 129
Césium 135 |
70 000
1,5 million
210 000
6,5 millions
100 000
15,7 millions
2 millions |
0,11 (< 0,001 %)
15,5 (0,07 %)
17,7 (0,08 %)
4,4 (0,02 %)
0,44 (0,002 %)
3,9 (0,02 %)
7,7 (0,04 %) |
|
Rappel sur les rayonnements radioactifs :
Les éléments radioactifs émettent des
rayonnements qui peuvent être de trois types : le
rayonnement alpha qui est arrêté par une feuille
de papier ; le rayonnement bêta qui est arrêté
par une vitre de verre ; le rayonnement gamma qui est absorbé
par une dizaine de centimètres de béton ou
une vingtaine de centimètres de plomb.
La plupart de ces éléments sont en plus chimiquement
toxiques, cette toxicité chimique pouvant être
supérieure à la radiotoxicité.
Rappel sur les unités de mesure de la radioactivité
:
Si on devait comparer la source radioactive
à un pommier portant ses fruits, il faudrait connaître
:
- le nombre de pommes qui tombent de l'arbre qui correspond
au nombre de d'atomes désintégrés par
seconde, donné par le becquerel (Bq),
- l'énergie transférée par ces pommes
à la personne qui dormait au pied de l'arbre. Elle
correspond à l'énergie que cède le
rayonnement à la matière qu'il traverse et
elle est exprimée en gray (Gy),
- les marques laissées par les pommes sur le dormeur.
Elle correspond à la quantité de rayonnement
reçu par un être vivant. Elle est fonction
de l'énergie transmise et de la nature du rayonnement
et elle est exprimée en sievert (Sv). |
Quest-ce quun déchet (comment se présente-t-il,
que contient-il) ?
Les
déchets nucléaires peuvent être classés
en plusieurs catégories selon leur activité et leur
durée de vie.
| Prévisions
de production liées à l'exploitation jusqu'a
la fin du parc actuel des réacteurs |
| |
Vie
courte (< 30 ans) |
Vie
longue (>30 ans) |
| Très
faible activité (TFA) |
1
à 2 millions m3 (hors résidus miniers)
52 millions de tonnes (résidus miniers) |
| Faible
activité (FA) |
1,3
million m3
Déchets tritiés : 3 500 m |
Graphites :
14 000 m3
Radifères : > 100 000 m3 |
| 60
000 m3 |
| Moyenne
activité (MA) |
| Haute
activité (HA) |
5
000 m3 de déchets vitrifiés + 3 500 tonnes
de combustible usé |
| |
| |
Vie
courte (< 30 ans) |
Vie
longue (>30 ans) |
| Très
faible activité (TFA) |
Issus
du démantèlement d'installations nucléaires
: stockage eu Centre de Stockage TFA de l'Aube, à Morvilliers.
Résidus miniers : mise en sécurité à
létude. |
| Faible
activité (FA) |
-
Conditionnés (bétons, bitumes, plastiques),
Centre de Stockage FMA de l'Aube.
- Déchets tritiés : gestion en cours détude. |
Graphites
et Radifères : gestion en cours détude
. |
| Déchets
vitrifiés, combustibles usés, déchets
B : recherche en cours, lois de 1991 et 2006. |
| Moyenne
activité (MA) |
| Haute
activité (HA) |
Recherche
en cours, lois de 1991 et 2006
3 axes de recherche (loi 1991) :
1. Séparation Transmutation
2. Stockage géologique en couche profonde (solution
de référence dans la loi 2006).
3. Entreposage de longue durée en surface (abandonné
dans la loi 2006). |
|
Les déchets de très faible activité
: TFA
Les
déchets TFA proviennent principalement du démantèlement
des installations nucléaires actuellement en exploitation
ou arrêtées.
Ils contiennent également les résidus de
l'activité minière. L'uranium non extrait
du minerai, dun faible pourcentage, et ses descendants
radioactifs sont stockés sur place et représentent
50 millions de tonnes en France.
Dans
la famille des déchets TFA, hors résidus
miniers, on distingue 3 catégories principales
en fonction de la nature des déchets :
1) Les déchets minéraux inertes :
béton, gravats, terres
2) Les déchets assimilables aux Déchets
Industriels Banals (DIB) produits par des installations
nucléaires : plastiques et ferrailles issues essentiellement
des opérations de démolition (charpentes,
gaines de ventilation, tuyauteries
),
3) Les déchets assimilables aux Déchets
Industriels Spéciaux (DIS) provenant des centres
de stockage industriel de déchets ultimes et qui
sont chimiquement toxiques.
En
moyenne, la radioactivité des déchets TFA
est de l'ordre d'une dizaine de Bq/g, elle décroît
en quelques dizaines d'années jusqu'à un
niveau moyen de quelques Bq/g.
Ils représentent 14% du volume total des décehts
mais 0,03 % de la radioactivité totale.
Les déchets de faible activité (FA) et moyenne
activité (MA) à vie courte, cest-à-dire
inférieure à 30 ans
Les
déchets faiblement et moyennement radioactifs à
vie courte représentent une grande partie du volume
des déchets produits en France. Ils auront perdu
la moitié de leur radioactivité en moins
de 30 ans. En 300 ans, ils reviendront au niveau
de la radioactivité naturelle.
Ils se présentent sous de multiples formes du type
filtres, résines de traitement d'eau, outils utilisés
par les travailleurs, gants, et proviennent principalement
de l'industrie nucléaire. Pour une faible part,
ils sont issus de laboratoires de recherches, des universités,
des hôpitaux et de l'industrie.
Ils subissent en général des traitements
qui tendent à faire diminuer leur volume : incinération,
évaporation, découpage, compactage.
Ils sont ensuite conditionnés dans des blocs de
béton, de bitume ou dans des plastiques tels que
des polymères.
Ils sont alors stockés en surface en attendant
que leur radioactivité retombe à des valeurs
naturelles. Les centres de stockage sont le centre de
la Manche, entré en phase de surveillance depuis
1994, cest-à-dire quil a atteint sa
capacité maximale de stockage, et le centre de
l'Aube, qui a pris le relais en 1992.
Ils contiennent également les déchets tritiés,
qui proviennent de certaines machines et outils utilisés
par la Direction des Applications Militaires du Commissariat
à lEnergie Atomique (CEA) qui sont contaminés
par du tritium qui a une période de 12 ans.
Les FM/MA - VC représentent 77 % du volume et de
0,05 % de la radioactivité.
Leur
mode de conditionnement et de stockage sont encore à
l'étude.
Les déchets de faible activité (FA) à
vie longue, cest-à-dire supérieure à
30 ans
1)
Les déchets graphites :
Ils sont issus de la première génération
de centrales nucléaires françaises, dites
" UNGG " c'est-à-dire Uranium Naturel
- Graphite - Gaz : les réacteurs de ce type de
centrales ont fonctionné du début des années
60 à la fin des années 80. Ils sont aujourd'hui
en voie de démantèlement.
Le graphite est une variété naturelle très
pure de carbone. Placé, sous forme de blocs, au
cur des réacteurs "UNGG" afin de
réguler la production d'énergie, il contribue,
en ralentissant les neutrons émis par la fission,
au bon fonctionnement du réacteur.
2)
Les déchets radifères
Ce sont des déchets minéraux contenant
des éléments radioactifs naturels tels que
uranium, thorium ou radium, et leurs descendants. Ils
sont issus d'activités industrielles traditionnelles
qui nécessitent le traitement de minerais, mais
aussi des travaux d'enlèvement de terres contaminées
lors de la réhabilitation de sites pollués
anciens. On trouve parmi leurs producteurs des sociétés
de l'industrie chimique et de la recherche.
Les
FA-VL représentent moins de 5 % du volume et 0,01
% de la radioactivité totale.
Leur mode de gestion est encore à l'étude.
Les déchets de moyenne activité (MA) et de
haute activité (HA) à vie longue, cest-
à-dire supérieure à 30 ans
Ils sont constitués des déchets B, déchets
C et combustibles usés.
Leur gestion à court et moyen terme consiste à
les conditionner et à les entreposer sur les lieux
de production, dans les usines de La Hague et de Marcoule.
Pour leur gestion à très long terme, la
loi du 30 décembre 1991 a défini trois voies
de recherche : la séparation-transmutation ; le
stockage en couche géologique profonde, avec des
études en laboratoire comme à Bure ; l'entreposage
de longue durée en surface ou en sub-surface. La
loi de 2006 fait poursuivre les études sur la sépartion-transmutation
mais définit le stockage géologique comme
solution de référence.
Les
déchets de type B : moyenne activité
à durée de vie longue, supérieure
à 30 ans.
Ils proviennent essentiellement des usines du combustible
et des effluents, coques et embouts générés
lors de la fabrication ou du retraitement, et des centres
de recherche. Ces MA-VL représentent moins de 5
% du volume des déchets radioactifs produits en
France et 8 % de la radioactivité totale.
Les
déchets de type C : haute activité à
durée de vie longue.
Ils proviennent essentiellement du traitement des combustibles
usés issus des centrales nucléaires. Ils
génèrent souvent une énergie thermique
par dégagement de chaleur important.
Les principaux éléments présents
dans le combustible usé, par ordre de radiotoxicité
décroissante, sont : plutonium, uranium, actinides
mineurs, à savoir américium, curium, neptunium,
et produits de fission, iode 129, technétium 99
et césium 135.
Dans le cas du retraitement, uranium et plutonium sont
extraits du combustible usé. Les déchets
C ne sont plus constitués que des actinides mineurs
et des produits de fission. Ils sont vitrifiés
à La Hague et entreposés pour le moment
sur le site.
Les déchets C constituent moins de 1% du volume
total des déchets radioactifs en France mais représentent
avec les déchets B, 96% de la radioactivité
totale.
Le
combustible usé
Dans le cas où le combustible usé n'est
pas totalement retraité, la part non retraitée
est assimilée à un déchet HAVL.
|
Les déchets sont-ils civils ou militaires ?
Les déchets sont d’origine
civile et militaire. La proportion des déchets militaires
dans le volume total est de 10% selon l’ANDRA (document
Radioactivité et déchets radioactifs, 2004).
Parle-t-on en grammes, en kilos ou en tonnes ?
Les quantités sont
évaluées en volume, donc en mètre cube équivalent
conditionné. Les déchets de faible à moyenne
activité sont estimés en millions de m3, les déchets
de haute activité en milliers de m3.
| |
Vie
courte (< 30 ans) |
Vie
longue (> 30 ans) |
| Très
faible activité (TFA) |
144
498 (*)
515 991 (1) |
|
| Faible
activité (FA) |
793
726 (*)
1 196 880 (1) |
47 124
(*)
87 431 (1) |
| Moyenne
activité (MA) |
45 518
(*)
54 509 (1) |
| Haute
activité (HA) |
1 851
(*)
3 621 (1) |
|
(*) Chiffres inventaire national
ANDRA de 2006 (volume total en 2004 après conditionnement
des déchets).
(1) Chiffres prévisionnels pour 2020 (inventaire ANDRA
2004).
Comment les déchets arrivent sur le site ?
Dans le cadre des activités de
recherche du laboratoire, aucun déchet n’est introduit
sur le site actuel.
Que se passe-t-il dans les puits ? Quelle en est la profondeur ?
Sous l’autorité
de l’ANDRA, le Groupement Fonds Est (GFE), constitué
de Bouygues TP, Charbonnages de France et Dumez TP, a creusé
deux puits, l’un principal et l’autre auxiliaire,
et a procédé régulièrement à
des relevés géologiques pendant le creusement. Les
2 puits ont atteint 490 et 510 mètres de profondeur et
500m de galeries ont été creusées au fond.
La réalisation d'une niche d'expérimentation (creusée
à 445 mètres) s’est déroulée
de 2004 à 2005, ce qui a permis d’avoir des premières
expérimentations. Depuis août 2005, des expérimentations
ont été mises en place dans le laboratoire souterrain
: 130 forages et 1400 capteurs ont permis la caractérisation
des argilites (incidence du creusement, pression, perméabilité,
diffusion, rétention …).
Quelles sont les techniques utilisées ?
Le creusement des puits a été
réalisé à l’explosif. Le creusement
des galeries s’est effectué selon des techniques
minières (brise-roche hydraulique).
Peut-on savoir ce quils trouvent au fur et à mesure ?
En cours de creusement,
plusieurs couches géologiques sont traversées. Des
relevés géologiques afin d’étudier
leurs propriétés et des forages de suivi pour étudier
les perturbations liées au creusement sont effectués.
En 2004, une galerie expérimentale à -445m est creusée
et équipée de nombreux capteurs. Puis, lorsque le
puits atteint -490m, débute le creusement des galeries
du laboratoire proprement dit, dans lesquelles sont installées
les expériences scientifiques qui sont encore en cours
actuellement. Une synthèse issue des premières années
de recherche a été publiée : ‘Dossier
Argile 2005’. Le CLIS publie régulièrement
l’état d’avancée des travaux et les
résultats importants.
Lexique
ANDRA : c’est l’Agence Nationale
pour la gestion des Déchets Radioactifs, créée
par la loi de 1991. Elle est chargée de la gestion de l’ensemble
des déchets radioactifs sur le territoire national. Elle
exploite et surveille les actuels centres de stockage en service
(centres de l’Aube, centre de la Manche) et elle gère
le laboratoire de recherche de Bure.
Callovo-Oxfordien (COx) : couche d’argilite
(roche sédimentaire détritique) ayant des particules
très fines (2µ), composée majoritairement
d’argile, de quartz et de carbonates, datant de plus de
150 Millions d’années (période s’appelant
le Callovo-Oxfordien, dans le Jurassique). Cette formation est
épaisse de 150m environ et sa profondeur est environ de
400 à 550m sous la surface.
CLIS : Comité Local d’Information
et de Suivi créé par la loi de 1991 dans le but
d’informer les populations quant aux évolutions des
recherches sur le projet de stockage géologique des déchets
radioactifs près de Bure.
Radionucléides : ou radioéléments,
ce sont des atomes à noyau instable, naturels ou artificiels,
qui émettent des rayonnements (radioactivité). Ce
sont par exemple le Tritium 3H ou le carbone 14 14C. Ils sont
utilisés en médecine pour réaliser des diagnostics,
pour la radiothérapie de certains cancers, ou en archéologie
pour dater des objets. Les radiations ont des effets sur les organismes
qui peuvent être néfastes selon la quantité
et le type de radiation émise, la durée d’exposition
et selon les organes touchés.
Séparation – Transmutation : c’était
l’axe I de la loi de 1991. Le but est d’étudier
la réduction des déchets radioactifs à vie
longue dans les déchets ultimes des centrales par «
séparation » selon des méthodes chimiques
et en les « transmutant » avec des flux de neutrons
pour les transformer en déchets à vie courte.
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