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Y a-t-il quelque chose sur le site à lheure actuelle ?
Il y a actuellement à
Bure un laboratoire de recherche de l’ANDRA, comprenant
des installations de surface et souterraines. Les bâtiments
de surface qui comprennent un bâtiment d’accueil du
public, des bureaux, une ‘carothèque’, des
halls techniques sont terminés, ils occupent une surface
de 17 hectares. Deux puits, totalement fonctionnels depuis fin
2006, relient la surface à un réseau de galeries
souterraines de 500 mètres creusées à -490m,
et à une niche d’expérimentation à
-445m. Ce laboratoire souterrain est officiellement terminé
et a été remis à l’ANDRA mi 2007.
Des échantillons sont-ils utilisés aujourdhui ?
Certains éléments radioactifs en faible quantité
(millionième de gramme) sont utilisés sous forme
de traceurs lors d'expériences pour modéliser la
diffusion des radionucléides (voir lexique) dans la roche.
Peut-on visiter le site ?
Oui. Le bâtiment
d’accueil au public (BAP), à l’entrée
du site, est un espace dédié à l’information
du public, avec amphithéâtre, posters, écrans
multimédias, maquettes ... Certaines personnes ont eu l’occasion
de descendre dans le laboratoire souterrain lui-même lors
de journées portes ouvertes ou sur demande.
Y aura-t-il dautres sites comme Bure en France ?
La loi de 1991 prévoyait
la construction d’au moins deux laboratoires, mais aujourd’hui,
le site de Bure est l’unique laboratoire. Avec la loi 2006,
la recherche en granite est abandonnée et aucun autre laboratoire
n’est prévu.
Quest-ce qui est fait sur le site, par qui et comment ?
Sept expérimentations
étaient prévues, afin d’étudier l’influence
du creusement des galeries sur les propriétés de
l’argilite, la déformation de l’argilite à
grande échelle, le comportement de l’argilite lors
du creusement de puits ou de galeries, le comportement de l’argilite
en cas d’échauffement, la perméabilité
de l’argilite, la composition chimique des eaux contenues
dans l’argilite, la migration de l’eau ou d’éléments
polluants dans l’argilite. Les résultats de ces recherches
sont repris dans le document ANDRA "dossier Argile 2005".
Le nouveau programme de recherche déterminé par
l’ANDRA, à partir de 2007, comprend 9 programmes
thématiques :
• expérimentations et essais de démonstration
en laboratoire souterrain
• reconnaissance depuis la surface
• programme scientifique
• simulations
• études d’ingénierie et essais technologiques
• information et consultation
• observation et surveillance de l’environnement et
du stockage
• gestion, surveillance et transports des colis
• entreposage.
Il s’y ajoute 5 activités transverses :
• sûreté
• réversibilité
• coût
• santé et sécurité du travail
• étude d’impact.
Les recherches sont coordonnées par l’ANDRA mais
d’autres organismes peuvent intervenir, notamment l’Institut
de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire
(IRSN), des laboratoires du CNRS ou étrangers dans le cadre
de collaborations, ou des experts indépendants à
la demande du Comité Local d’Information et de Suivi
(par exemple l’IEER en 2004).
Le site est-il dédié à létude
ou au stockage (enfouissement) ?
Dans
quel but sont effectuées les recherches, pendant combien
de temps ?
Le laboratoire a pour
seule vocation la recherche. Mais les études menées
visent à qualifier la formation du Callovo-Oxfordien (COx)
pour un éventuel projet de stockage. La loi de 91 fixait,
pour les trois voies de recherche qui sont la séparation-transmutation,
le stockage géologique et le conditionnement et l’entreposage,
une durée de 15 ans à partir de 91, jusqu’en
2006, avant évaluation et choix des solutions par le Parlement,
l’Assemblée Nationale et le Sénat. De nombreuses
personnes ont demandé que la durée des recherches
soit de quinze ans à compter de l’autorisation de
construction du laboratoire accordée en 1999.
Au terme de cette première période de recherche,
les caractéristiques géologiques de la région
sont globalement connues et un concept de stockage a été
développé. Cependant, et comme l’ont indiqué
les évaluateurs, il reste encore des questions et certaines
études nécessitent une expérimentation de
plus longue durée.
La loi 2006 reconduit les recherches sur la séparation-transmutation
mais désigne en même temps le stockage géologique
comme solution de référence. Elle détermine
un calendrier pour une mise en exploitation d’un centre
de stockage géologique en 2025. A cette fin, un nouveau
programme de recherche et développement est prévu
jusqu’en 2015 avec des étapes bien définies
: remise d’une synthèse des résultats obtenus
et désignation d’une zone d’intérêt
restreinte en 2009 (l’actuel laboratoire reste un outil
de recherche et ne peut devenir le centre de stockage) ; nouveau
programme de recherche puis proposition d’un ou plusieurs
emplacements possibles pour le futur centre en 2011 ; synthèse
des résultats et dossier de Demande d’Autorisation
de Création (DAC) en 2014.
Comment obtenir les informations sur lévolution du
projet ?
Le CLIS est notamment
chargé du suivi des activités du laboratoire. Une
Commission Nationale d’Evaluation (CNE) est également
chargée de rendre chaque année un rapport faisant
état de l’avancement des recherches. La loi 2006
prévoit aussi un Haut Comité pour la Transparence
et l’Information sur la sûreté nucléaire
(HCTI), ainsi qu’un débat public en 2013 pour organiser
des concertations avec la population.
Le CLIS organise régulièrement
des réunions d’information, et met à disposition
son fonds documentaire à Bure, des plaquettes d’information
ainsi que son site internet http://www.clis-bure.com . Il publie
aussi plusieurs fois par an une lettre d’information "La
Lettre du CLIS". Le CLIS accueille régulièrement
des groupes ou organise sur demande des interventions pour informer.
Voir aussi les autres liens indiqués
sur le site du CLIS (onglet ‘Liens’ en bas à
gauche).
Doù viennent les déchets ?
La loi de 91 indiquait
que "le stockage en France de déchets radioactifs
importés, même si leur retraitement a été
effectué sur le territoire national, est interdit".
La loi 2006 reprend cette interdiction de stockage des déchets
étrangers en France.
En 2004, l’ANDRA a réalisé l’inventaire
national des déchets radioactifs, il a été
actualisé en 2006. La production d’électricité
représente 62.5% de la production des déchets, la
recherche 24.1%, la défense 10.1%, le reste correspond
à des petits producteurs tels que l’industrie ou
le médical.
Existe-t-il dautres pays dans lesquels un projet de ce type
a été mis en uvre ?
Le Canada a lui aussi
choisi le stockage géologique comme solution de référence
mais dans le granite.
La Belgique étudie le stockage profond en argile.
La Suède et la Finlande sont parmi les pays plus avancés,
elles étudient le stockage géologique dans le granite
et prévoient une mise en exploitation vers 2020.
La Suisse étudie le stockage dans l’argile et le
granite.
Ces pays disposent de laboratoires souterrains depuis quelques
années, et en sont encore à la phase des recherches,
Par exemple, le laboratoire de Mol en Belgique existe depuis 1975
et les recherches sont prévues jusqu’en 2040.
L’Allemagne étudie les possibilités de stockage
en mine de sel ou dans l’argile, cette dernière option
prenant de l’importance ces deux dernières années
(4 sites argileux étudiés).
Le Royaume Uni et les Etats Unis envisagent aussi le stockage
géologique et étudient les propriétés
de l’argile comme barrière de confinement.
Lexique
ANDRA : c’est
l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets
Radioactifs, créée par la loi de 1991. Elle est
chargée de la gestion de l’ensemble des déchets
radioactifs sur le territoire national. Elle exploite et surveille
les actuels centres de stockage en service (centres de l’Aube,
centre de la Manche) et elle gère le laboratoire de recherche
de Bure.
Callovo-Oxfordien (COx) : couche d’argilite
(roche sédimentaire détritique) ayant des particules
très fines (2µ), composée majoritairement
d’argile, de quartz et de carbonates, datant de plus de
150 Millions d’années (période s’appelant
le Callovo-Oxfordien, dans le Jurassique). Cette formation est
épaisse de 150m environ et sa profondeur est environ
de 400 à 550m sous la surface.
CLIS : Comité Local d’Information
et de Suivi créé par la loi de 1991 dans le but
d’informer les populations quant aux évolutions
des recherches sur le projet de stockage géologique des
déchets radioactifs près de Bure.
CNE : La Commission Nationale d’Evaluation
créée par la loi de 1991, composée de personnalités
scientifiques, doit évaluer les résultats de la
recherche sur la gestion des déchets radioactifs menée
par l’ANDRA. Elle doit rendre tous les ans un rapport
d’évaluation à l’Office Parlementaire
d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques
(OPECST) pour informer le gouvernement.
CNRS : Centre Nationale de la Recherche Scientifique.
IEER : Institut pour la Recherche sur l’Energie
et l’Environnement, groupe qui a été contacté
par le CLIS pour faire une expertise indépendante du
programme de recherche de l’ANDRA en 2004.
IRSN : Institut de Radioprotection et Sûreté
Nucléaire.
Radionucléides : ou radioéléments,
ce sont des atomes à noyau instable, naturels ou artificiels,
qui émettent des rayonnements (radioactivité).
Ce sont par exemple le Tritium 3H ou le carbone 14 14C. Ils
sont utilisés en médecine pour réaliser
des diagnostics, pour la radiothérapie de certains cancers,
ou en archéologie pour dater des objets. Les radiations
ont des effets sur les organismes qui peuvent être néfastes
selon la quantité et le type de radiation émise,
la durée d’exposition et selon les organes touchés.
Séparation – Transmutation : c’était
l’axe I de la loi de 1991. Le but est d’étudier
la réduction des déchets radioactifs à
vie longue dans les déchets ultimes des centrales par
« séparation » selon des méthodes
chimiques et en les « transmutant » avec des flux
de neutrons pour les transformer en déchets à
vie courte.
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