Dans le cadre de l'analyse de sûreté à long terme, peut-on identifier le risque (par exemple, si le risque est estimé à 100 au moment de la fermeture du centre de stockage, à combien serait-il dans 1 000, 10 000 ans) ? (Réponse ANDRA)
Les déchets de haute activité (les plus actifs) présentent une dangerosité importante au départ. Celle-ci est divisée par 1 000 au bout de 2 000 ans, et par plus de 10 000 au bout de 100 000 ans. La fonction principale du stockage souterrain est donc d'assurer le confinement des déchets, c'est-à-dire de les isoler de l'homme et de l'environnement, et ce jusqu'à ce que leur dangerosité ait suffisamment diminué (à l'horizon de plusieurs centaines de milliers d'années).

Le stockage souterrain est conçu pour offrir une sûreté passive après sa fermeture : elle ne nécessite pas d'intervention humaine. Pour apporter la démonstration de cette sûreté, l'Andra a analysé les situations dans lesquelles pourrait se trouver le stockage à différentes échelles de temps, en fonction de l'évolution progressive des composants du stockage.

Cette analyse montre que le stockage tel qu'il est envisagé remplit correctement sa fonction : les radionucléides n'atteignent la surface qu'après plus de 100 000 ans, et en quantité extrêmement limitée : le maximum d'impact estimé est atteint à environ 500 000 ans ; il est plusieurs dizaines de fois inférieur à la radioactivité naturelle.

Dans le cadre d'une démarche prudente, l'Andra a aussi évalué des situations dites "altérées". L'implantation en profondeur du stockage permet de s'affranchir des intrusions banales, mais la possibilité d'une intrusion involontaire de forages en profondeur, qui pourrait induire un court-circuit de la protection offerte par la formation hôte, est envisagée. En ce cas, l'impact est bien sûr d'autant plus élevé que ce forage intervient plus tôt, lorsque la dangerosité des déchets n'a pas encore décru.
Mais, compte tenu de la conception du stockage et des caractéristiques favorables de la formation hôte permettant de confiner les radionucléides, cet impact reste cependant nettement inférieur à la radioactivité naturelle.

Peut-on comparer, en terme de dangerosité, un gisement d'uranium et un centre de stockage de déchets HAVL ? (Réponse ANDRA)

Cette comparaison est difficile.

Un gisement d'uranium correspond simplement à la présence d'un élément radioactif dans un milieu naturel. Sa dangerosité va dépendre de son environnement : Y a-til risque d'ingestion de particules d'uranium ? Y a-t-il pollution d'une nappe phréatique ?

Au contraire, un centre de stockage est destiné par définition à confiner la dangerosité des déchets qu'il contient, et donc à ramener la dangerosité finale au plus bas niveau possible : la conception du stockage garantit qu'il n'y a pas d'impact ou un impact très faible du stockage sur son environnement.
Ainsi il convient de bien distinguer :

- d'un côté, la dangerosité des déchets eux-mêmes, qui est d'une part très élevée et sans commune mesure avec un minerai d'uranium (du moins au début) et différente, de par la nature des radionucléides qu'ils contiennent, de celle d'un minerai d'uranium. C'est cette dangerosité qui justifie que l'on créé un stockage pour les isoler de l'environnement ;

- et, de l'autre côté, le risque que peut représenter le stockage lui-même : sa conception ramène le risque à un niveau le plus bas possible.

Quelles seraient les conséquences d'un séisme pour les installations souterraines et pour les installations de surface ? (Réponse ANDRA)

Comme le prévoit la réglementation, l'Andra a envisagé dans sa démonstration de sûreté l'occurrence d'un séisme : le séisme considéré est un séisme dit "Séisme Majoré de Sécurité". Sa magnitude est celle d'un séisme produisant au niveau du site l'intensité la plus forte compte tenu des observations historiques et des connaissances géologiques et sismotectoniques de la région, à laquelle on ajoute une marge de sécurité de 0,5.

Pour obtenir l'autorisation, l'Andra doit apporter la démonstration que les ouvrages et équipements sont dimensionnés pour rester intègres lors d'un tel séisme, et que l'agencement des colis reste stable.

Les conséquences envisagées (pour les installations de surface et souterraines) sont : une dégradation du génie civil, des puits ou des galeries, l'endommagement d'équipements assurant des fonctions importantes pour la sûreté, une modification de la géométrie des colis ou une chute de colis.