Quel est l'impact réel sur l'environnement du centre de stockage de l'Aube ? (Réponse ANDRA)
"Les rejets radioactifs font l'objet d'autorisations spécifiques. Ces rejets, dont la quantité dépend des activités de chaque installation, sont strictement limités et réglementés afin qu'ils ne présentent pas de risque ni pour l'environnement ni pour la santé.

Afin de fixer les limites de rejets (en Bq/an), et de garantir qu'ils ne présentent pas de risque, une analyse réalisée pour chaque installation permet de définir comment cette radioactivité pourrait atteindre l'homme ou l'environnement, et en quelle quantité. L'homme est déjà exposé à la radioactivité (radioactivité naturelle de l'ordre de 2,4 mSv/an, exposition médicale de l'ordre de 1 mSv/an en moyenne...). Les limites sont établies pour garantir que, quelle que soit la nature des rejets, ils n'entraînent pas une exposition supplémentaire du public supérieure à 1 mSv/an. Cette limite a été établie, par précaution, en se fondant sur les nombreuses études sur les effets de la radioactivité sur la santé, depuis sa découverte.

L'activité du CSFMA génère peu de rejets et de ce fait, ses autorisations de rejets sont faibles. Malgré ces autorisations faibles, les rejets réels restent extrêmement en dessous de l'autorisation : à titre d'exemple les rejets de l'année 2009 représentaient environ 1 % des autorisations annuelles fixés au centre. Le bilan des rejets pour chaque radionucléide est détaillé dans le rapport annuel du Centre, disponible sur le site internet de l'Andra.

En complément des mesures en continue et des milliers d'analyses effectuées dans et autour du centre, l'Andra évalue chaque année l'impact du CSFMA sur les populations afin de vérifier que celui-ci est toujours bien inférieur à la limite réglementaire de 1 mSv/an. Pour plus de précautions, l'Andra s'impose comme objectif de ne pas dépasser la dose de 0,25 mSv/an. Et dans la réalité l'impact du CSFMA sur une population vivant en autarcie à proximité du CSFMA est très loin de cette limite, puisqu'il est plus de 100 000 fois inférieur à la limite réglementaire de 1 mSv/an et donc à l'impact de la radioactivité naturelle. En 2009 par exemple, l'impact était de l'ordre de 0,006 microSievert".


Quel est l'impact réel sur l'environnement du centre de stockage de l'Aube ? (Réponse ASN)

Le centre de stockage des déchets radioactifs de faible et moyenne activité à vie courte de l'Aube, situé sur la commune de Soulaines-Dhuys, est soumis à un arrêté ministériel de prélèvement d'eau et de rejets en date du 21 août 2006. Cet arrêté définit notamment les limites pour les diverses substances pouvant être rejetées dans les effluents liquides ou atmosphériques, ainsi qu'un plan de surveillance reposant sur des mesures effectuées sur les rejets et des prélèvements d'échantillons dans la nappe sous-jacente, dans le cours d'eau récepteur (eau et sédiments), à la cheminée et dans l'atmosphère, dans la nature environnante (lait, légumes, végétaux...).

Ainsi, ce sont environ 2 200 prélèvements, 10 700 analyses radiologiques et 2 000 analyses chimiques qui sont effectuées par an pour vérifier la conformité des rejets à l'arrêté d'autorisation. Les résultats montrent que les rejets radioactifs sont inférieurs à 1% des limites autorisées, et que l'évaluation dosimétrique de l'impact radiologique sur une population qui vivrait en autarcie à l'aval hydraulique du site et sous les vents dominants, serait de 6x10 puissance -6 mSv/an, alors que la limite réglementaire pour la dose apportée au public par les activités artificielles est de 1 mSv/an.

Par ailleurs, les mesures effectuées par les dosimètres placés tout autour de la clôture du centre confirment que la dose reçue au-delà de la clôture est inférieure à la limite pour le public.

Il ressort de ces constatations que l'impact du centre sur l'environnement est négligeable, en particulier sur le plan radiologique.

Il est à noter que ces résultats sont confirmés par ceux des analyses effectuées sur les prélèvements réalisés de temps à autre par l'ASN dans le cadre des ses inspections, ainsi que par la campagne réalisée en 2007 par l'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest) sur commande de la CLI de Soulaines. Les résultats de ces analyses, toutes effectuées par des laboratoires agréés, sont publiés sur le site du réseau national de mesure de la radioactivité dans l'environnement : "www.mesure-radioactivite.fr".

Dans le cadre du suivi de l'environnement, l'Andra peut-elle donner aux communes des informations sur les aquifères (inventaire, nature, qualité...) et a-t-elle prévu un suivi concernant les abeilles ? (Réponse ANDRA)

L'Andra a depuis 2007 lancé un programme très ambitieux de suivi de l'environnement dans le cadre de la mise en place de l'observatoire pérenne de l'environnement (OPE). On notera que ce dernier bénéficie désormais du label de SOERE attribué seulement à 13 projets d'observatoires de l'environnement par l'Alliance environnement "Allenvi" regroupant sous l'égide du ministère de la recherche, tous les organismes nationaux impliqués dans la recherche environnementale.

Concernant le suivi de la faune et de la flore, le programme de l'OPE est mis en place en association avec plusieurs réseaux relevant du programme Vigie-Nature du Museum National d'Histoire Naturelle :

- oiseaux communs : programme STOC (Suivi TEmporel d'Oiseaux Communs)
- suivi des Plantes à Fleur : SPAF
- suivi des chauves-souris

Dans le cas plus spécifique des abeilles, l'Andra a réalisé en 2009-2010 un inventaire apicole sur la zone de 900 km² de l'OPE. Elle réfléchit à la possibilité de mettre en place quelques ruches expérimentales qui permettraient de disposer de marqueurs environnementaux au travers des produits issus du travail des abeilles. Ceci ne pourrait être mis en place qu'après une évaluation scientifique détaillée.

Il existe déjà un plan de suivi des eaux appliqué à l'environnement proche du laboratoire de Meuse/Haute-Marne. A l'échelle de la zone d'étude de l'Observatoire Pérenne de l'Environnement, le suivi des eaux représente une part importante du programme de surveillance pour lequel l'Andra projette de définir des stations de suivi dont la représentativité spatiale lui permettra d'assurer une surveillance optimale de la zone potentielle d'installation du site de stockage. Pour établir ce réseau de surveillance, plusieurs suivis ont été réalisés depuis 2007 afin de décrire avec précision la variabilité spatio-temporelle de la qualité des eaux dans un contexte hydrologique complexe sur une vaste zone de 900 km². L'expertise de ces données par le Laboratoire National de Métrologie et d'Essais a permis à l'Andra de définir avec précision la localisation des points de suivi qu'il faudrait pérenniser pour assurer une surveillance du secteur de référence de la zone OPE et pour étudier les processus de transferts en milieu karstique.

Sur la base de cette expertise et dès 2011, l'Andra projette, en association avec l'Agence de l'Eau Seine-Normandie, la mise en place d'un réseau de 15 à 16 stations de mesures des eaux superficielles et d'un réseau de 6 à 7 stations de suivi des eaux souterraines à partir de plusieurs forages nouvellement réalisés sur la zone. Le suivi des eaux superficielles sera effectué selon le programme de mesures défini pour le Réseau de Contrôle de Bassin, avec un suivi sur sédiments, bryophytes et des campagnes spécifiques d'analyse de micropolluants.

Parmi ces stations en eaux superficielles, 6 d'entre elles (RCB) sont localisées sur des cours d'eau permanents et 10 autres (RCP) sur des cours d'eaux intermittents.
Pour étudier la variabilité temporelle de la qualité des eaux en compléments des suivis ponctuels, ce réseau sera équipé de plusieurs stations instrumentées pour lesquelles le Laboratoire National de Métrologie et d'Essais a été sollicité pour une expertise des équipements de mesures et leur évaluation métrologique en laboratoire et sur site.
Les données obtenues seront rendues disponibles selon des modalités à définir avec les communes concernées et l'Agence de l'Eau Seine-Normandie.